Pour les articles homonymes, voir Vie (homonymie).
Les trois âges de la Vie et la Mort, peinture de Hans Baldung.La vie est le nom donné :
à un phénomène empirique particulièrement important pour les humains (qui sont eux-mêmes vivants et pour qui les autres êtres vivants ont une place essentielle), mais qui ne se laisse pas facilement définir (cf. infra). Ce phénomène s'oppose à la notion de matière inerte, et s'articule avec la notion de mort ;
à une étendue temporelle, entre la naissance et la mort ;
au contenu en événements ou en actions de cette étendue temporelle, pour un humain ;
à l'approche harmonieuse des relations humaines (voir « question sociale »).
Une des marques de l'hominisation est l'existence de rites funéraires, et donc d'une conscience d'une transition entre la vie et la mort. La vie est un concept primordial qui a donné lieu depuis des temps immémoriaux à de nombreuses réflexions empiriques, philosophiques, scientifiques, etc. C'est également un sujet de débat politique, qu'il s'agisse du traitement accordé aux êtres vivants par rapport aux humains et aux choses inertes (cf. écologisme) ou des considérations sur le début et la fin de la vie humaine (cf. avortement, euthanasie, « vie éternelle »), biophilie.
Ces réflexions concernent :
la catégorie statique (par opposition à la matière « inerte » ou à l'état de mort) ;
le concept d’évolution (passage de la matière inerte à la vie, développement et dissolution des formes vivantes, mort, création, etc.).
Elles sont toujours liées aux notions d'esprit et d'intelligence. Elles débouchent également sur des réflexions sur l'étendue temporelle et spatiale de la vie (y compris dans l'univers : « vie extraterrestre »). Elles s'interrogent à la fois sur les conditions d'apparition de la vie (phénomène unique ou au contraire très banal) et sur la possibilité d'une vie évoluée (par comparaison à l'humanité, implicitement considérée comme l'achèvement de l'évolution de la vie terrestre) au sein de l'univers.
En science, l'étude de la vie a été appelée biologie. Elle s'est avérée être un développement de la chimie, plus spécifiquement de la chimie organique (à base de carbone), mais les théoriciens n'excluent pas d'adopter des définitions pouvant inclure des formes mécaniques ou électromécaniques, et même des formes créées par l'homme hors de tout processus reproductif naturel (« vie artificielle » ou cellule artificielle).
Sommaire [masquer]
1 Définitions scientifiques
1.1 La vie comme propriété d’un organisme vivant
1.2 Caractéristiques biologiques d’un être vivant
1.2.1 Caractéristiques au niveau des activités
1.2.2 Caractéristiques au niveau des structures et composés chimiques
1.3 Autres définitions
2 Définitions philosophiques
2.1 Idéalisme et matérialisme
2.2 Une définition phénoménologique
3 La vie pour les religions
3.1 La vie dans le Christianisme
4 Voir aussi
4.1 Articles connexes
5 Notes et références
Définitions scientifiques [modifier]
Actuellement, il n'existe pas de définition scientifique de la vie qui fasse l'unanimité. Toute définition doit tenir compte de la notion de niveaux d'organisation structurels, d'émergence, d'homéostasie, d'entropie et de métabolisme pour éviter de se retrouver dans une « zone grise », comme pour l'exemple des virus (sont-ils vivants ou non-vivants ?). Les définitions suivantes semblent limiter le nombre de zones grises :
Selon la NASA, est vivant tout système délimité sur le plan spatial par une membrane semi-perméable de sa propre fabrication et capable de s'auto-entretenir, ainsi que de se reproduire en fabriquant ses propres constituants à partir d'énergie et/ou à partir d'éléments extérieurs.
La vie est un état organisé et homéostatique de la matière.
Mode d’organisation de la matière générant des formes diverses, de complexités variables, en interaction et ayant comme propriété principale de se reproduire presque à l’identique en utilisant les matériaux et l‘énergie disponibles dans leur l’environnement auquel elles peuvent s’adapter. L'expression presque à l’identique réfère aux mutations qui apparaissent lors de la replication de l'organisme et qui peuvent conférer un avantage adaptif à celui-ci.
La vie comme propriété d’un organisme vivant [modifier]
La période s’étendant de la conception à la mort d’un organisme singulier et individuel.
L’organisme est l’objet d’un processus de développement, la vie, qui le conduit en général par étapes d’un état embryonnaire à l’adulte et à la mort.
La graine, le spore, le spermatozoïde ou l’ovule sont aussi des formes du vivant, bien qu’ils n’aient en eux-mêmes ni la forme ni les caractéristiques des êtres vivants qu’ils vont devenir. Il est ainsi difficile d’isoler totalement la vie d’un individu de la lignée à laquelle il appartient. Le vivant nait du vivant : nous ne connaissons pas de vivant émergeant de l'inerte, ce qui rend difficile la reconstitution des étapes prébiotiques.
Caractéristiques biologiques d’un être vivant [modifier]
Ou comment peut-on affirmer qu’une entité est « vivante » ?
Caractéristiques au niveau des activités [modifier]
En biologie, une entité est traditionnellement considérée comme vivante si elle présente les activités suivantes, au moins une fois durant son existence :
Développement ou croissance : l’entité grandit ou mûrit jusqu’au moment où elle devient capable de se reproduire ;
Métabolisme : consommation, transformation et stockage d'énergie ou de masse; croissance en absorbant de l’énergie ou des nutriments présents dans son environnement ou en réorganisant sa masse, par production d’énergie, de travail et rejet de déchets ;
Motricité externe (locomotion) ou interne (circulation) ;
Reproduction : pouvoir créer de façon autonome d'autres entités similaires à soi-même.
Réponse à des stimuli : pouvoir détecter des propriétés de son environnement et d'agir de façon adaptée.
Discussion sur ces critères :
Ils ne sont pas tous satisfaits en même temps pour un individu particulier : il faut parfois considérer la lignée ou l’espèce pour qu’ils coexistent (les hybrides stériles sont des êtres vivants) ;
En isoler un ou deux peut conduire à des conclusions erronées : le feu (combustion) assimilable à une digestion, car ce sont deux processus d’oxydation, ne transforme pas le feu en être vivant ;
Parfois, un critère manque : les virus ne grandissent pas, mais certains les considèrent comme vivants puisqu’ils peuvent contenir de l’ADN et être munis de mécanismes (transcription d’ADN en ARN) provoquant leur reproduction dans les cellules hôtes ;
D’autres fois encore, c’est une seule propriété qui est présente et qui se transmet à d’autres entités, comme un mime de la fonction de reproduction (le prion est une protéine, conformée en miroir par rapport à la protéine normale, qui transmet sa propriété pathogène aux autres protéines), etc.
Caractéristiques au niveau des structures et composés chimiques [modifier]
D’où le besoin, éprouvé par les biologistes, de compléter ces caractéristiques pour réduire ces ambiguïtés :
Les organismes vivants sont composés au moins d'une cellule, c’est-à-dire d’une membrane fermée, séparant le milieu extérieur du milieu intérieur, qui contient le métabolisme et le matériel génétique;
Les organismes vivants contiennent des molécules telles que : des hydrates de carbone, des lipides, des acides nucléiques et des protéines, toutes à base de carbone ; mais on peut y voir une vision biaisée parce que carbocentrique de la vie. Des formes de vie pourraient en théorie être fondées sur le silicium, mais celui-ci ne présente pas l’étonnante variété de formes et de propriétés du carbone ;
Autres définitions [modifier]
Pour Francisco Varela et Humberto Maturana, une entité est vivante si :
elle peut se reproduire elle-même ;
elle est basée sur l'eau ;
elle produit des lipides et des protéines (?) ;
son métabolisme est basé sur le carbone ;
elle se réplique grâce à des acides nucléiques ;
elle possède un système permettant de « lire » des protéines.
Cette définition a été largement utilisée par Lynn Margulis.
« Un système de rétrocontrôles négatifs inférieurs subordonnés à un rétrocontrôle positif supérieur » (J. theor Biol. 2001)
Tom Kinch définit la vie comme un système autophage, hautement organisé, émergeant naturellement des conditions ordinaires sur les corps planétaires et qui consiste en une population de réplicateurs capables de muter.
Dans L'aventure du vivant, le biologiste Joël de Rosnay énumère trois propriétés fondamentales :
L'autoconservation, qui est la capacité des organismes à se maintenir en vie par l'assimilation, la nutrition, les réactions énergétiques de fermentation et de respiration ;
L'autoreproduction, leur possibilité de propager la vie ;
L'autorégulation : les fonctions de coordination, de synchronisation et de contrôle des réactions d'ensemble.
Il faut ajouter à ces trois propriétés la capacité des êtres vivants à évoluer.
Définitions philosophiques [modifier]
Idéalisme et matérialisme [modifier]
Deux grands groupes de définitions sont discutées depuis les débuts de la philosophie : les conceptions idéalistes qui s’appuient sur une séparation plus ou moins nette entre la matière et la vie (cf. la définition phénoménologique, ci-après) et les conceptions matérialistes qui supposent la vie comme une des manifestations émergentes de la matière.
Historiquement, on peut distinguer deux thèses, sans qu'il soit possible de déterminer si l'une est antérieure à l'autre, d'autant qu'elles peuvent faire l'objet de synthèses variées (les deux thèses cohabitant à des degrés divers au sein de théories plus sophistiquées). On les retrouve dans la pensée grecque antique.
Selon les thèses dites dualistes, la vie est conçue comme fondamentalement différente de la matière : il y a du vivant (spirituel) et de l'inerte (matériel et énergie) comme il y a du fer et de l'eau. La seule difficulté, c'est de « purifier » et « d'isoler » (au sens quasiment chimique) le vivant de l'inerte, séparation d'autant plus difficile qu'elle est, par définition, inaccessible aux méthodes exclusivement matérielles. Ces thèses font appel à des notions diverses : l’âme, le souffle vital, l’élan vital, etc. Cette séparation a donné lieu à diverses théories, comme celle de la génération spontanée, encore vivaces au temps de Louis Pasteur.
Selon les thèses monistes, au contraire, la vie est une manifestation de la matière, une propriété émergente qui apparaît spontanément dans certaines conditions. Il est alors possible de faire varier la définition de la vie selon les conditions qu'on considère comme caractéristiques, ce qui introduit des marges de faux débats (les contradicteurs croyant discuter sur le concept de vie alors que, en adoptant des critères différents, ils s'interdisent a priori tout accord) même si en pratique seuls les objets en marge sont sujet à discussion (les microbes, les virus, les prions, le feu, etc.). La pensée scientifique moderne relève de ce type de thèse, en particulier suite aux expériences de Pasteur sur la stérilisation : tant qu'on n'a pas démontré la nécessité de postuler une dualité, il convient de s'en tenir à l'hypothèse moniste. Même si les étapes de l’apparition de la vie, ou de l'organisation des êtres vivants, restent à expliquer, les lois chimiques connues sont pour l'instant suffisantes.
Les recherches sur les conditions matérielles originelles de notre planète, avec l’espoir de parvenir à croiser ces informations avec celles existant sur d’autres planètes, nous donneront peut-être un jour un ou des scénarios convaincants du passage de la matière inerte à la vie.
Une définition phénoménologique [modifier]
Article détaillé : phénoménologie de la vie.
Le philosophe Michel Henry définit la vie d'un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s'éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. Une « force subjective » n’est pas une force impersonnelle, aveugle et insensible comme le sont les forces objectives que l’on rencontre dans la nature, mais une force vivante et sensible éprouvée de l’intérieur et résultant d’un désir subjectif et d’un effort subjectif de la volonté pour le satisfaire. Il établit également une opposition radicale entre la chair vivante douée de sensibilité et le corps matériel, qui est par principe insensible, dans son livre Incarnation, une philosophie de la chair.
La vie pour les religions [modifier]
La vie dans le Christianisme [modifier]
La religion insiste sur le caractère inaliénable de la vie en tant que fruit de la création divine. Le livre de la Genèse contient le récit de la création.
Dans les dix commandements, il est écrit qu'il est interdit de tuer. Le décalogue est en quelque sorte un code de vie pour les Israélites et pour les Chrétiens.
Dans le Nouveau Testament, Jésus dit Je suis la voie, la vérité et la vie. (Jn 14, 6). L'Esprit Saint est appelé souffle de vie. La vie surnaturelle trouve sa source dans l'union hypostatique de Dieu.
Le magistère a adressé les encycliques : Evangelium vitae et Humanae Vitae, sur le droit à la vie et, au respect fondamental qu'il lui est dû.
Pour les articles homonymes, voir Vie (homonymie).
Les trois âges de la Vie et la Mort, peinture de Hans Baldung.La vie est le nom donné :
à un phénomène empirique particulièrement important pour les humains (qui sont eux-mêmes vivants et pour qui les autres êtres vivants ont une place essentielle), mais qui ne se laisse pas facilement définir (cf. infra). Ce phénomène s'oppose à la notion de matière inerte, et s'articule avec la notion de mort ;
à une étendue temporelle, entre la naissance et la mort ;
au contenu en événements ou en actions de cette étendue temporelle, pour un humain ;
à l'approche harmonieuse des relations humaines (voir « question sociale »).
Une des marques de l'hominisation est l'existence de rites funéraires, et donc d'une conscience d'une transition entre la vie et la mort. La vie est un concept primordial qui a donné lieu depuis des temps immémoriaux à de nombreuses réflexions empiriques, philosophiques, scientifiques, etc. C'est également un sujet de débat politique, qu'il s'agisse du traitement accordé aux êtres vivants par rapport aux humains et aux choses inertes (cf. écologisme) ou des considérations sur le début et la fin de la vie humaine (cf. avortement, euthanasie, « vie éternelle »), biophilie.
Ces réflexions concernent :
la catégorie statique (par opposition à la matière « inerte » ou à l'état de mort) ;
le concept d’évolution (passage de la matière inerte à la vie, développement et dissolution des formes vivantes, mort, création, etc.).
Elles sont toujours liées aux notions d'esprit et d'intelligence. Elles débouchent également sur des réflexions sur l'étendue temporelle et spatiale de la vie (y compris dans l'univers : « vie extraterrestre »). Elles s'interrogent à la fois sur les conditions d'apparition de la vie (phénomène unique ou au contraire très banal) et sur la possibilité d'une vie évoluée (par comparaison à l'humanité, implicitement considérée comme l'achèvement de l'évolution de la vie terrestre) au sein de l'univers.
En science, l'étude de la vie a été appelée biologie. Elle s'est avérée être un développement de la chimie, plus spécifiquement de la chimie organique (à base de carbone), mais les théoriciens n'excluent pas d'adopter des définitions pouvant inclure des formes mécaniques ou électromécaniques, et même des formes créées par l'homme hors de tout processus reproductif naturel (« vie artificielle » ou cellule artificielle).
Sommaire [masquer]
1 Définitions scientifiques
1.1 La vie comme propriété d’un organisme vivant
1.2 Caractéristiques biologiques d’un être vivant
1.2.1 Caractéristiques au niveau des activités
1.2.2 Caractéristiques au niveau des structures et composés chimiques
1.3 Autres définitions
2 Définitions philosophiques
2.1 Idéalisme et matérialisme
2.2 Une définition phénoménologique
3 La vie pour les religions
3.1 La vie dans le Christianisme
4 Voir aussi
4.1 Articles connexes
5 Notes et références
Définitions scientifiques [modifier]
Actuellement, il n'existe pas de définition scientifique de la vie qui fasse l'unanimité. Toute définition doit tenir compte de la notion de niveaux d'organisation structurels, d'émergence, d'homéostasie, d'entropie et de métabolisme pour éviter de se retrouver dans une « zone grise », comme pour l'exemple des virus (sont-ils vivants ou non-vivants ?). Les définitions suivantes semblent limiter le nombre de zones grises :
Selon la NASA, est vivant tout système délimité sur le plan spatial par une membrane semi-perméable de sa propre fabrication et capable de s'auto-entretenir, ainsi que de se reproduire en fabriquant ses propres constituants à partir d'énergie et/ou à partir d'éléments extérieurs.
La vie est un état organisé et homéostatique de la matière.
Mode d’organisation de la matière générant des formes diverses, de complexités variables, en interaction et ayant comme propriété principale de se reproduire presque à l’identique en utilisant les matériaux et l‘énergie disponibles dans leur l’environnement auquel elles peuvent s’adapter. L'expression presque à l’identique réfère aux mutations qui apparaissent lors de la replication de l'organisme et qui peuvent conférer un avantage adaptif à celui-ci.
La vie comme propriété d’un organisme vivant [modifier]
La période s’étendant de la conception à la mort d’un organisme singulier et individuel.
L’organisme est l’objet d’un processus de développement, la vie, qui le conduit en général par étapes d’un état embryonnaire à l’adulte et à la mort.
La graine, le spore, le spermatozoïde ou l’ovule sont aussi des formes du vivant, bien qu’ils n’aient en eux-mêmes ni la forme ni les caractéristiques des êtres vivants qu’ils vont devenir. Il est ainsi difficile d’isoler totalement la vie d’un individu de la lignée à laquelle il appartient. Le vivant nait du vivant : nous ne connaissons pas de vivant émergeant de l'inerte, ce qui rend difficile la reconstitution des étapes prébiotiques.
Caractéristiques biologiques d’un être vivant [modifier]
Ou comment peut-on affirmer qu’une entité est « vivante » ?
Caractéristiques au niveau des activités [modifier]
En biologie, une entité est traditionnellement considérée comme vivante si elle présente les activités suivantes, au moins une fois durant son existence :
Développement ou croissance : l’entité grandit ou mûrit jusqu’au moment où elle devient capable de se reproduire ;
Métabolisme : consommation, transformation et stockage d'énergie ou de masse; croissance en absorbant de l’énergie ou des nutriments présents dans son environnement ou en réorganisant sa masse, par production d’énergie, de travail et rejet de déchets ;
Motricité externe (locomotion) ou interne (circulation) ;
Reproduction : pouvoir créer de façon autonome d'autres entités similaires à soi-même.
Réponse à des stimuli : pouvoir détecter des propriétés de son environnement et d'agir de façon adaptée.
Discussion sur ces critères :
Ils ne sont pas tous satisfaits en même temps pour un individu particulier : il faut parfois considérer la lignée ou l’espèce pour qu’ils coexistent (les hybrides stériles sont des êtres vivants) ;
En isoler un ou deux peut conduire à des conclusions erronées : le feu (combustion) assimilable à une etc.
Caractéristiques au niveau des structures et composés chimiques [modifier]
D’où le besoin, éprouvé par les biologistes, de compléter ces caractéristiques pour réduire ces ambiguïtés :
Les organismes vivants sont composés au moins d'une cellule, c’est-à-dire d’une membrane fermée, séparant le milieu extérieur du milieu intérieur, qui contient le métabolisme et le matériel génétique;
Les organismes vivants contiennent des molécules telles que : des hydrates de carbone, des lipides, des acides nucléiques et des protéines, toutes à base de carbone ; mais on peut y voir une vision biaisée parce que carbocentrique de la vie. Des formes de vie pourraient en théorie être fondées sur le silicium, mais celui-ci ne présente pas l’étonnante variété de formes et de propriétés du carbone ;
Autres définitions [modifier]
Pour Francisco Varela et Humberto Maturana, une entité est vivante si :
elle peut se reproduire elle-même ;
elle est basée sur l'eau ;
elle produit des lipides et des protéines (?) ;
son métabolisme est basé sur le carbone ;
elle se réplique grâce à des acides nucléiques ;
elle possède un système permettant de « lire » des protéines.
Cette définition a été largement utilisée par Lynn Margulis.
« Un système de rétrocontrôles négatifs inférieurs subordonnés à un rétrocontrôle positif supérieur » (J. theor Biol. 2001)
Tom Kinch définit la vie comme un système autophage, hautement organisé, émergeant naturellement des conditions ordinaires sur les corps planétaires et qui consiste en une population de réplicateurs capables de muter.
Dans L'aventure du vivant, le biologiste Joël de Rosnay énumère trois propriétés fondamentales :
L'autoconservation, qui est la capacité des organismes à se maintenir en vie par l'assimilation, la nutrition, les réactions énergétiques de fermentation et de respiration ;
L'autoreproduction, leur possibilité de propager la vie ;
L'autorégulation : les fonctions de coordination, de synchronisation et de contrôle des réactions d'ensemble.
Il faut ajouter à ces trois propriétés la capacité des êtres vivants à évoluer.
Définitions philosophiques [modifier]
Idéalisme et matérialisme [modifier]
Deux grands groupes de définitions sont discutées depuis les débuts de la philosophie : les conceptions idéalistes qui s’appuient sur une séparation plus ou moins nette entre la matière et la vie (cf. la définition phénoménologique, ci-après) et les conceptions matérialistes qui supposent la vie comme une des manifestations émergentes de la matière.
Historiquement, on peut distinguer deux thèses, sans qu'il soit possible de déterminer si l'une est antérieure à l'autre, d'autant qu'elles peuvent faire l'objet de synthèses variées (les deux thèses cohabitant à des degrés divers au sein de théories plus sophistiquées). On les retrouve dans la pensée grecque antique.
Selon les thèses dites dualistes, la vie est conçue comme fondamentalement différente de la matière : il y a du vivant (spirituel) et de l'inerte (matériel et énergie) comme il y a du fer et de l'eau. La seule difficulté, c'est de « purifier » et « d'isoler » (au sens quasiment chimique) le vivant de l'inerte, séparation d'autant plus difficile qu'elle est, par définition, inaccessible aux méthodes exclusivement matérielles. Ces thèses font appel à des notions diverses : l’âme, le souffle vital, l’élan vital, etc. Cette séparation a donné lieu à diverses théories, comme celle de la génération spontanée, encore vivaces au temps de Louis Pasteur.
Selon les thèses monistes, au contraire, la vie est une manifestation de la matière, une propriété émergente qui apparaît spontanément dans certaines conditions. Il est alors possible de faire varier la définition de la vie selon les conditions qu'on considère comme caractéristiques, ce qui introduit des marges de faux débats (les contradicteurs croyant discuter sur le concept de vie alors que, en adoptant des critères différents, ils s'interdisent a priori tout accord) même si en pratique seuls les objets en marge sont sujet à discussion (les microbes, les virus, les prions, le feu, etc.). La pensée scientifique moderne relève de ce type de thèse, en particulier suite aux expériences de Pasteur sur la stérilisation : tant qu'on n'a pas démontré la nécessité de postuler une dualité, il convient de s'en tenir à l'hypothèse moniste. Même si les étapes de l’apparition de la vie, ou de l'organisation des êtres vivants, restent à expliquer, les lois chimiques connues sont pour l'instant suffisantes.
Les recherches sur les conditions matérielles originelles de notre planète, avec l’espoir de parvenir à croiser ces informations avec celles existant sur d’autres planètes, nous donneront peut-être un jour un ou des scénarios convaincants du passage de la matière inerte à la vie.
Une définition phénoménologique [modifier]
Article détaillé : phénoménologie de la vie.
Le philosophe Michel Henry définit la vie d'un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s'éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. Une « force subjective » n’est pas une force impersonnelle, aveugle et insensible comme le sont les forces objectives que l’on rencontre dans la nature, mais une force vivante et sensible éprouvée de l’intérieur et résultant d’un désir subjectif et d’un effort subjectif de la volonté pour le satisfaire. Il établit également une opposition radicale entre la chair vivante douée de sensibilité et le corps matériel, qui est par principe insensible, dans son livre Incarnation, une philosophie de la chair.
La vie pour les religions [modifier]
La vie dans le Christianisme [modifier]
La religion insiste sur le caractère inaliénable de la vie en tant que fruit de la création divine. Le livre de la Genèse contient le récit de la création.
Dans les dix commandements, il est écrit qu'il est interdit de tuer. Le décalogue est en quelque sorte un code de vie pour les Israélites et pour les Chrétiens.
Dans le Nouveau Testament, Jésus dit Je suis la voie, la vérité et la vie. (Jn 14, 6). L'Esprit Saint est appelé souffle de vie. La vie surnaturelle trouve sa source dans l'union hypostatique de Dieu.
Le magistère a adressé les encycliques : Evangelium vitae et Humanae Vitae, sur le droit à la vie et, au respect fondamental qu'il lui est dû.
Pour les articles homonymes, voir Vie (homonymie).
Les trois âges de la Vie et la Mort, peinture de Hans Baldung.La vie est le nom donné :
à un phénomène empirique particulièrement important pour les humains (qui sont eux-mêmes vivants et pour qui les autres êtres vivants ont une place essentielle), mais qui ne se laisse pas facilement définir (cf. infra). Ce phénomène s'oppose à la notion de matière inerte, et s'articule avec la notion de mort ;
à une étendue temporelle, entre la naissance et la mort ;
au contenu en événements ou en actions de cette étendue temporelle, pour un humain ;
à l'approche harmonieuse des relations humaines (voir « question sociale »).
Une des marques de l'hominisation est l'existence de rites funéraires, et donc d'une conscience d'une transition entre la vie et la mort. La vie est un concept primordial qui a donné lieu depuis des temps immémoriaux à de nombreuses réflexions empiriques, philosophiques, scientifiques, etc. C'est également un sujet de débat politique, qu'il s'agisse du traitement accordé aux êtres vivants par rapport aux humains et aux choses inertes (cf. écologisme) ou des considérations sur le début et la fin de la vie humaine (cf. avortement, euthanasie, « vie éternelle »), biophilie.
Ces réflexions concernent :
la catégorie statique (par opposition à la matière « inerte » ou à l'état de mort) ;
le concept d’évolution (passage de la matière inerte à la vie, développement et dissolution des formes vivantes, mort, création, etc.).
Elles sont toujours liées aux notions d'esprit et d'intelligence. Elles débouchent également sur des réflexions sur l'étendue temporelle et spatiale de la vie (y compris dans l'univers : « vie extraterrestre »). Elles s'interrogent à la fois sur les conditions d'apparition de la vie (phénomène unique ou au contraire très banal) et sur la possibilité d'une vie évoluée (par comparaison à l'humanité, implicitement considérée comme l'achèvement de l'évolution de la vie terrestre) au sein de l'univers.
En science, l'étude de la vie a été appelée biologie. Elle s'est avérée être un développement de la chimie, plus spécifiquement de la chimie organique (à base de carbone), mais les théoriciens n'excluent pas d'adopter des définitions pouvant inclure des formes mécaniques ou électromécaniques, et même des formes créées par l'homme hors de tout processus reproductif naturel (« vie artificielle » ou cellule artificielle).
Sommaire [masquer]
1 Définitions scientifiques
1.1 La vie comme propriété d’un organisme vivant
1.2 Caractéristiques biologiques d’un être vivant
1.2.1 Caractéristiques au niveau des activités
1.2.2 Caractéristiques au niveau des structures et composés chimiques
1.3 Autres définitions
2 Définitions philosophiques
2.1 Idéalisme et matérialisme
2.2 Une définition phénoménologique
3 La vie pour les religions
3.1 La vie dans le Christianisme
4 Voir aussi
4.1 Articles connexes
5 Notes et références
Définitions scientifiques [modifier]
Actuellement, il n'existe pas de définition scientifique de la vie qui fasse l'unanimité. Toute définition doit tenir compte de la notion de niveaux d'organisation structurels, d'émergence, d'homéostasie, d'entropie et de métabolisme pour éviter de se retrouver dans une « zone grise », comme pour l'exemple des virus (sont-ils vivants ou non-vivants ?). Les définitions suivantes semblent limiter le nombre de zones grises :
Selon la NASA, est vivant tout système délimité sur le plan spatial par une membrane semi-perméable de sa propre fabrication et capable de s'auto-entretenir, ainsi que de se reproduire en fabriquant ses propres constituants à partir d'énergie et/ou à partir d'éléments extérieurs.
La vie est un état organisé et homéostatique de la matière.
Mode d’organisation de la matière générant des formes diverses, de complexités variables, en interaction et ayant comme propriété principale de se reproduire presque à l’identique en utilisant les matériaux et l‘énergie disponibles dans leur l’environnement auquel elles peuvent s’adapter. L'expression presque à l’identique réfère aux mutations qui apparaissent lors de la replication de l'organisme et qui peuvent conférer un avantage adaptif à celui-ci.
La vie comme propriété d’un organisme vivant [modifier]
La période s’étendant de la conception à la mort d’un organisme singulier et individuel.
L’organisme est l’objet d’un processus de développement, la vie, qui le conduit en général par étapes d’un état embryonnaire à l’adulte et à la mort.
La graine, le spore, le spermatozoïde ou l’ovule sont aussi des formes du vivant, bien qu’ils n’aient en eux-mêmes ni la forme ni les caractéristiques des êtres vivants qu’ils vont devenir. Il est ainsi difficile d’isoler totalement la vie d’un individu de la lignée à laquelle il appartient. Le vivant nait du vivant : nous ne connaissons pas de vivant émergeant de l'inerte, ce qui rend difficile la reconstitution des étapes prébiotiques.
Caractéristiques biologiques d’un être vivant [modifier]
Ou comment peut-on affirmer qu’une entité est « vivante » ?
Caractéristiques au niveau des activités [modifier]
En biologie, une entité est traditionnellement considérée comme vivante si elle présente les activités suivantes, au moins une fois durant son existence :
Développement ou croissance : l’entité grandit ou mûrit jusqu’au moment où elle devient capable de se reproduire ;
Métabolisme : consommation, transformation et stockage d'énergie ou de masse; croissance en absorbant de l’énergie ou des nutriments présents dans son environnement ou en réorganisant sa masse, par production d’énergie, de travail et rejet de déchets ;
Motricité externe (locomotion) ou interne (circulation) ;
Reproduction : pouvoir créer de façon autonome d'autres entités similaires à soi-même.
Réponse à des stimuli : pouvoir détecter des propriétés de son environnement et d'agir de façon adaptée.
Discussion sur ces critères :
Ils ne sont pas tous satisfaits en même temps pour un individu particulier : il faut parfois considérer la lignée ou l’espèce pour qu’ils coexistent (les hybrides stériles sont des êtres vivants) ;
En isoler un ou deux peut conduire à des conclusions erronées : le feu (combustion) assimilable à une digestion, car ce sont deux processus d’oxydation, ne transforme pas le feu en être vivant ;
Parfois, un critère manque : les virus ne grandissent pas, mais certains les considèrent comme vivants puisqu’ils peuvent contenir de l’ADN et être munis de mécanismes (transcription d’ADN en ARN) provoquant leur reproduction dans les cellules hôtes ;
D’autres fois encore, c’est une seule propriété qui est présente et qui se transmet à d’autres entités, comme un mime de la fonction de reproduction (le prion est une protéine, conformée en miroir par rapport à la protéine normale, qui transmet sa propriété pathogène aux autres protéines), etc.
Caractéristiques au niveau des structures et composés chimiques [modifier]
D’où le besoin, éprouvé par les biologistes, de compléter ces caractéristiques pour réduire ces ambiguïtés :
Les organismes vivants sont composés au moins d'une cellule, c’est-à-dire d’une membrane fermée, séparant le milieu extérieur du milieu intérieur, qui contient le métabolisme et le matériel génétique;
Les organismes vivants contiennent des molécules telles que : des hydrates de carbone, des lipides, des acides nucléiques et des protéines, toutes à base de carbone ; mais on peut y voir une vision biaisée parce que carbocentrique de la vie. Des formes de vie pourraient en théorie être fondées sur le silicium, mais celui-ci ne présente pas l’étonnante variété de formes et de propriétés du carbone ;
Autres définitions [modifier]
Pour Francisco Varela et Humberto Maturana, une entité est vivante si :
elle peut se reproduire elle-même ;
elle est basée sur l'eau ;
elle produit des lipides et des protéines (?) ;
son métabolisme est basé sur le carbone ;
elle se réplique grâce à des acides nucléiques ;
elle possède un système permettant de « lire » des protéines.
Cette définition a été largement utilisée par Lynn Margulis.
« Un système de rétrocontrôles négatifs inférieurs subordonnés à un rétrocontrôle positif supérieur » (J. theor Biol. 2001)
Tom Kinch définit la vie comme un système autophage, hautement organisé, émergeant naturellement des conditions ordinaires sur les corps planétaires et qui consiste en une population de réplicateurs capables de muter.
Dans L'aventure du vivant, le biologiste Joël de Rosnay énumère trois propriétés fondamentales :
L'autoconservation, qui est la capacité des organismes à se maintenir en vie par l'assimilation, la nutrition, les réactions énergétiques de fermentation et de respiration ;
L'autoreproduction, leur possibilité de propager la vie ;
L'autorégulation : les fonctions de coordination, de synchronisation et de contrôle des réactions d'ensemble.
Il faut ajouter à ces trois propriétés la capacité des êtres vivants à évoluer.
Définitions philosophiques [modifier]
Idéalisme et matérialisme [modifier]
Deux grands groupes de définitions sont discutées depuis les débuts de la philosophie : les conceptions idéalistes qui s’appuient sur une séparation plus ou moins nette entre la matière et la vie (cf. la définition phénoménologique, ci-après) et les conceptions matérialistes qui supposent la vie comme une des manifestations émergentes de la matière.
Historiquement, on peut distinguer deux thèses, sans qu'il soit possible de déterminer si l'une est antérieure à l'autre, d'autant qu'elles peuvent faire l'objet de synthèses variées (les deux thèses cohabitant à des degrés divers au sein de théories plus sophistiquées). On les retrouve dans la pensée grecque antique.
Selon les thèses dites dualistes, la vie est conçue comme fondamentalement différente de la matière : il y a du vivant (spirituel) et de l'inerte (matériel et énergie) comme il y a du fer et de l'eau. La seule difficulté, c'est de « purifier » et « d'isoler » (au sens quasiment chimique) le vivant de l'inerte, séparation d'autant plus difficile qu'elle est, par définition, inaccessible aux méthodes exclusivement matérielles. Ces thèses font appel à des notions diverses : l’âme, le souffle vital, l’élan vital, etc. Cette séparation a donné lieu à diverses théories, comme celle de la génération spontanée, encore vivaces au temps de Louis Pasteur.
Selon les thèses monistes, au contraire, la vie est une manifestation de la matière, une propriété émergente qui apparaît spontanément dans certaines conditions. Il est alors possible de faire varier la définition de la vie selon les conditions qu'on considère comme caractéristiques, ce qui introduit des marges de faux débats (les contradicteurs croyant discuter sur le concept de vie alors que, en adoptant des critères différents, ils s'interdisent a priori tout accord) même si en pratique seuls les objets en marge sont sujet à discussion (les microbes, les virus, les prions, le feu, etc.). La pensée scientifique moderne relève de ce type de thèse, en particulier suite aux expériences de Pasteur sur la stérilisation : tant qu'on n'a pas démontré la nécessité de postuler une dualité, il convient de s'en tenir à l'hypothèse moniste. Même si les étapes de l’apparition de la vie, ou de l'organisation des êtres vivants, restent à expliquer, les lois chimiques connues sont pour l'instant suffisantes.
Les recherches sur les conditions matérielles originelles de notre planète, avec l’espoir de parvenir à croiser ces informations avec celles existant sur d’autres planètes, nous donneront peut-être un jour un ou des scénarios convaincants du passage de la matière inerte à la vie.
Une définition phénoménologique [modifier]
Article détaillé : phénoménologie de la vie.
Le philosophe Michel Henry définit la vie d'un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s'éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. Une « force subjective » n’est pas une force impersonnelle, aveugle et insensible comme le sont les forces objectives que l’on rencontre dans la nature, mais une force vivante et sensible éprouvée de l’intérieur et résultant d’un désir subjectif et d’un effort subjectif de la volonté pour le satisfaire. Il établit également une opposition radicale entre la chair vivante douée de sensibilité et le corps matériel, qui est par principe insensible, dans son livre Incarnation, une philosophie de la chair.
La vie pour les religions [modifier]
La vie dans le Christianisme [modifier]
La religion insiste sur le caractère inaliénable de la vie en tant que fruit de la création divine. Le livre de la Genèse contient le récit de la création.
Dans les dix commandements, il est écrit qu'il est interdit de tuer. Le décalogue est en quelque sorte un code de vie pour les Israélites et pour les Chrétiens.
Dans le Nouveau Testament, Jésus dit Je suis la voie, la vérité et la vie. (Jn 14, 6). L'Esprit Saint est appelé souffle de vie. La vie surnaturelle trouve sa source dans l'union hypostatique de Dieu.
Le magistère a adressé les encycliques : Evangelium vitae et Humanae Vitae, sur le droit à la vie et, au respect fondamental qu'il lui est dû.
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Une particularité des données de survie : les données censurées
Lorsqu'on analyse la durée de vie, on étudie le suivi jusqu'à la survenue de l'événement décès. Cependant, et heureusement, même si on travaille en oncologie, le décès peut ne pas survenir pendant la période de suivi. Si on analyse l'intérêt d'une nouvelle chimiothérapie sur la survie des femmes après un cancer du sein et que toutes les femmes ne décèdent pas pendant le suivi, les données de durée de survie pour lesquelles le décès n'est pas survenu sont appelées données censurées.
La figure 1 représente la survie de 5 sujets, tous inclus dans un essai clinique le même jour et suivis pendant 12 mois. Les sujets 2 à 5 sont morts au cours du suivi ; l'observation n° 1 est dite censurée car le décès n'est pas survenu au cours de la période de suivi d'un an.
Figure 1 : donnée censurée en analyse de la survie
Cependant, il est difficile, voire impossible, en médecine, d'intégrer le même jour tous les patients d'un essai clinique, même si la durée d'inclusion souhaitée est la plus courte possible. Sur la figure 2, on note que la date d'inclusion dans l'essai de 5 sujets est échelonnée dans le temps. La date de fin de suivi a été fixée à 12 mois après l'inclusion du premier sujet.
Figure 2 : l'échelonnement dans le temps de l'enregistrement des données de survie
Les sujets 1, 2 et 4 sont décédés. Les données des sujets 3 et 5 qui étaient toujours vivants à la fin du suivi, sont dites censurées. On remarquera qu'un glissement des données sur l'axe du temps permet de constituer une figure analogue à la figure 1. C'est en effet le délai entre la date d'inclusion de chaque sujet et le décès qui est l'objet de l'étude.
Méthodes de survie et de fiabilité
Déterminer la fiabilité d'un produit manufacturé nécessite souvent la mise en oeuvre d'une analyse de la durée de vie et du temps écoulé avant défaillances. De telles données sont fréquemment censurées, au sens où quelques produits manufacturés testés peuvent ne pas avoir eu de défaillances pendant toute la durée de l'étude. De plus, il peut être nécessaire d'accélérer les temps de défaillances en modifiant la valeur d'une variable influente, comme par exemple la température. Pour toutes ces raisons, des outils spécialisés sont nécessaires pour travailler avec ce type de données.
STATGRAPHICS permet de faire de mettre en oeuvre plusieurs procédures pour analyser des temps de défaillances :
Tables de survie - méthodes non-paramétriques pour estimer la fonction de survie (la probabilité qu'un item fonctionne toujours au temps t comme une fonction de t).
Ajustement de lois sur données censurées - estimation de lois de probabilités lorsque les données contiennent des observations censurées.
Analyse de Weibull - techniques spéciales pour ajuster la loi très utilisée de Weibull.
Graphique d'Arrhenius - graphique fréquemment utilisé pour un vieillissement accéléré lorsque la variable d'accélération est la température.
Régression sur données de survie - estimation de l'équation de régression pour des données de survie avec une forme paramétrique de la loi des erreurs.
Risques proportionnels de Cox - estimation d'un modèle de régression pour des données de survie sans forme spécifiée de la loi des erreurs.
Tables de survie
Lors de l'analyse de données de survie, l'intérêt porte surtout sur l'estimation de la probabilité qu'un item soit toujours opérationnel à un temps donné. Une façon courante d'estimer cette fonction de survie, sans faire d'hypothèse sur la forme fonctionnelle de la loi des erreurs, est de tabuler les données et de calculer directement la fonction de survie à partir des données observées. Lorsque des données censurées sont présentes, les estimations sont calculées en utilisant l'approche de Kaplan-Meier.
Ajustement de lois sur données censurées
Si un nombre suffisant de données est disponible, il peut être possible d'ajuster un loi de probabilités spécifique aux données de survie. Les méthodes du maximum de vraisemblance peuvent être aisément adaptées pour tenir compte de la présence de données censurées. STATGRAPHICS Centurion ajuste automatiquement jusqu'à 45 lois de probabilités à tout jeu de données et les ordonne en fonction de la qualité d'ajustement.
Analyse de Weibull
L'expérience a montré que les données de défaillances peuvent souvent être bien modélisées par un loi de Weibull. Une méthode courante pour vérifier si une loi de Weibull s'ajuste bien est de tracer un graphique de Weibull. Les temps de défaillances non censurés doivent alors s'aligner approximativement le long d'une ligne droite.
Dans le graphique de Weibull de STATGRAPHICS, vous pouvez ajouter un histogramme des temps de défaillances censurés et des limites de confiance pour les centiles des défaillances.
Graphique d'Arrhenius
Lorsque les défaillances ne surviennent pas fréquement dans des conditions normales d'opération, il est nécessaire d'accélérer les défaillances en augmentant l'effort causé par une ou plusieurs variables. Un accélérateur très courant est la température. En analysant les temps de défaillances à de hautes températures et en ajustant un modèle d'Arrhenius, il est souvent possible d'extrapoler les données pour des conditions normales de températures (habituellement exprimées en Kelvin).
Régression sur données de survie
Pour décrire l'impact de variables externes sur des temps de défaillances, des modèles de régression peuvent être ajustés. Malheureusement la méthode habituelle des moindres carrés ne fonctionne pas bien dans ce cas pour deux raisons : les données sont fréquemment censurées et la distribution des temps de défaillances est rarement gaussienne. Pour ces raisons, STATGRAPHICS fournit des procédures spéciales qui ajustent des modèles de régression sur données de survie avec censures et des lois exponentielle, à valeurs extrêmes, logistique, log-logistique, log-normale, normale et de Weibull.
Risques proportionnels de Cox
La procédure des risques proportionnels de Cox est une alternative à la méthode d'ajustement d'une régression sur données de survie lorsqu'on ne suppose pas d'une loi spécifique pour la distribution des erreurs. Il est alors supposé que les variables prédictrices affectent la fonction de risque d'une façon multiplicative. Comme pour la méthode de régression sur données de survie, les variables prédictrices peuvent être quantitatives ou qualitatives.
Table des matières de ce fascicule | Article suivant
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Moreau, T.; Lellouch, J.
Données de survie avec variables pronostiques : analyse en présence de nombreux ex-æquos parmi les temps de survie. Revue de Statistique Appliquée, 29 no. 2 (1981), p. 5-14
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URL stable: http://www.numdam.org/item?id=RSA_1981__29_2_5_0
Bibliographie
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